Systèmes

Les deux polarités d'une même énergie

qui alimentera les conflits humains pendant des millénaires

Avant l'Incident, magie et science n'étaient pas deux choses opposées. C'était une seule discipline, deux versants d'un même geste. L'Incident les a séparés ; les générations qui ont suivi en ont fait des camps. Et de ces camps, des conflits — pour les ressources, pour le savoir, pour le sens même du mot puissance.

Quatre natures de systèmes

Le Co-univers organise tout savoir actif — sortilège, machine, rituel, procédé — selon quatre natures.

  • Magie — les systèmes du plan Fantasy. On y canalise les flux telluriques, on y compose des sorts, on y noue des pactes avec des entités élémentaires.
  • Technologie — les systèmes du plan SF. Circuits, moteurs, biotech, intelligences réparties. Tout y est mesurable, reproductible, brevetable.
  • Magiscience (nom de travail) — les systèmes hybrides nés à l'interstice et dans les communautés qui vivent entre les dimensions. Ni tout à fait magie, ni tout à fait science : un troisième terme que ni l'un ni l'autre ne suffit à décrire. Le terme officiel n'a pas encore été tranché.
  • Pré-Incident — les systèmes hérités de la civilisation unifiée. On en retrouve des fragments dans des ruines, des manuscrits, des vieilles familles. Ils n'appartiennent en propre à aucun des trois autres camps, et c'est ce qui les rend précieux — et dangereux.

Les correspondances

Plusieurs systèmes magiques trouvent leur pendant technologique dans l'autre dimension. Les chercheurs et chercheuses qui parviennent à voyager entre les plans ont commencé à les répertorier, à les nommer, à les comparer. Ce qu'on nomme dans une dimension tissage d'âmes a peut-être pour pendant, dans l'autre, un protocole de couplage neuronal. Ce qu'on appelle ici une résonance tellurique pourrait s'écrire ailleurs comme une équation d'ondes.

Ces correspondances ne sont pas anecdotiques. Elles sont le cœur discret du Co-univers : la preuve, à chaque fois renouvelée, que les deux dimensions n'ont jamais cessé d'être deux faces du même phénomène.

L'Astrolabe

Aucun objet ne traduit mieux cette unité retrouvée que l'Astrolabe. Côté Fantasy, c'est l'instrument que les mages portent à la ceinture pour localiser les nœuds telluriques et les gisements élémentaires — un disque finement gravé, parfois d'argent, parfois d'os, qu'il faut apprendre à lire avant de savoir s'en servir.

Côté SF, l'Astrolabe est devenu un appareil de poignet : capteur de sources d'énergie, scanner de signatures, lecteur de cartes souterraines. Son interface a changé. Sa fonction, non. C'est, peut-être, l'objet qui rappelle le mieux que les deux dimensions ont une racine commune.

Les principes de la magie

Contrairement à l'idée populaire, la magie du Co-univers ne crée rien à partir de rien. Elle compose, elle amplifie, elle canalise.

On ne crée pas ex nihilo : on canalise, on amplifie, on compose.

Un sort se construit comme une fonction. Il prend des paramètres : élément, forme, puissance, zone, durée, intensité. Un paramètre mal réglé produit un effet imprévu — parfois utile, souvent embarrassant, rarement sans conséquence. C'est pourquoi les écoles de magie enseignent d'abord la mesure avant l'audace, et la composition avant le geste.

Vecteurs d'accès

Pour qui veut agir sur le monde, encore faut-il pouvoir s'y connecter. Le Co-univers connaît plusieurs vecteurs d'accès, selon les écoles, les traditions, les corps :

  • Tatouages — l'inscription du sort dans la peau, prête à être éveillée par un geste.
  • Voix et chant — les phonèmes comme déclencheurs, les mélodies comme structures.
  • Glyphes — la forme tracée comme support de l'effet, à terre ou dans l'air.
  • Cristaux — réservoirs d'énergie ; ils contiennent ce que la chair ne saurait stocker.
  • Connexion tellurique — pour celles et ceux qui savent ouvrir un canal direct vers les flux du sol.

Côté technologie, ces vecteurs ont leurs équivalents : implants, interfaces vocales, hologrammes, batteries, capteurs telluriques. Les moyens diffèrent. Les fonctions, elles, conversent.