Histoire
Certains actes ont des conséquences infinies
à travers de multiples convergences et divergences, le monde subit les assauts des dimensions
Toute l'histoire du Co-univers se mesure à un seul jour, qu'aucune civilisation n'a pu effacer : le Jour Zéro. Avant lui, un monde unifié dont on n'a plus que des fragments. Après lui, des cycles qui se répètent, des humanités qui oublient et qui réapprennent — et de rares lignées qui n'oublient pas.
Avant l'Incident
On sait peu de chose du monde d'avant — et c'est peut-être le plus troublant. Les rumeurs convergent : la magie et la science y étaient inséparables, les flux telluriques cartographiés, les machines bâties sur des principes qu'aujourd'hui ni la SF ni la Fantasy ne sauraient seules retrouver. C'était un monde où la technique et le sortilège n'étaient pas en concurrence ; ils étaient deux dialectes d'une même langue.
L'Incident
Un jour, quelque chose est arrivé. Une catastrophe d'origine disputée, dont aucune source publique ne donne la même explication. Certains parlent d'une expérience qui a mal tourné, d'autres d'une punition mythologique, d'autres encore d'un accident inscrit dans l'ordre cosmique. Toutes les versions s'accordent sur ceci : le monde s'est dissocié en deux dimensions, comme si la planète elle-même s'était fendue pour absorber un excès qu'elle ne pouvait plus contenir.
Depuis ce jour — désigné J0 dans toutes les chronologies — le calendrier universel se compte en jours signés depuis l'Incident. C'est la seule date que toutes les sociétés du Co-univers, malgré leurs différends, acceptent de partager.
Les cycles de refonte
Les dimensions, depuis l'Incident, ne tiennent pas en place. Elles convergent, fusionnent, divergent, se séparent — puis recommencent. À chaque convergence, le monde frémit. Des objets transitent sans raison, des créatures apparaissent qui n'appartiennent à personne, des passages se forment dans des architectures qui n'avaient pas d'escaliers.
Chaque convergence bouleverse l'équilibre du monde. Ce qui avait cours s'effondre, ce qui était sans valeur reprend force. Les anciens en ont fait des dictons ; les modernes en font des stratégies. Mais nul n'en sort indemne.
La mémoire des vieilles familles
Toutes les humanités ne traversent pas les cycles de la même manière. Certaines lignées — discrètes, dispersées, parfois persécutées — portent la mémoire de plusieurs convergences. Elles savent ce qui revient, ce qui change de visage en gardant la même substance, et quels gestes apaisent ce que d'autres aggravent.
On dit que ces familles gardent jalousement des cartes, des objets, des récits qu'elles transmettent à voix basse. On dit aussi que certaines d'entre elles ont juré de ne jamais ouvrir leurs archives, et que d'autres encore les ont perdues sans pouvoir les reconstituer.
Rumeurs publiques
De cette histoire fragmentée, voici ce que la rumeur retient :
Le monde était unifié autrefois — mais qui peut encore le prouver ?
Les monstres qui apparaissent à chaque convergence ne sont peut-être pas des espèces réelles, mais des reflets de l'imagination collective de chaque dimension.
Il existe des cartographes qui localisent les nœuds telluriques souterrains. Ils gardent leur secret jalousement.
Ce que ces rumeurs ont en commun ? Aucune ne se laisse entièrement vérifier — et toutes sont, d'une manière ou d'une autre, vraies.