Cosmogonie
Un monde fracturé
où magie et technologie se croisent, s'unissent, se divisent
Il y eut, autrefois, un monde unique. Une seule étendue, un seul ciel, une seule humanité. Puis quelque chose s'est brisé — un événement qu'aucun récit officiel ne saurait décrire avec certitude. On l'appelle simplement l'Incident. Depuis, le monde compte deux dimensions qui s'évitent et se cherchent, et un entre-deux où elles se confondent.
Quatre plans, une même origine
Quatre dimensions composent désormais la réalité du Co-univers, chacune gardant en elle l'écho de l'unité perdue.
- SF — la dimension où l'énergie a pris la forme de la technologie. Circuits, biotech, intelligence répartie : on y construit ce que la matière permet, on en mesure les seuils, on y compose des machines comme on composait autrefois des incantations.
- Fantasy — la dimension où l'énergie a conservé sa forme magique. Flux telluriques, sortilèges, créatures liées aux éléments. On y agit sur le monde par la voix, le geste, le glyphe ; on y respecte des lois invisibles qu'aucun appareil ne saurait mesurer.
- Interstice — l'espace intermédiaire, ni tout à fait ici ni tout à fait là. Y vivre est une affaire de perception : les choses y semblent fluides, les certitudes plus minces. Certains objets et certaines créatures ne tiennent qu'ici.
- Fusion — l'état originel, mémoire de la civilisation unifiée d'avant l'Incident. Un substrat enfoui plus qu'un lieu visité. Quelques vestiges en témoignent, gardés par celles et ceux qui n'ont pas oublié.
Le cycle des phases
Les dimensions ne sont pas figées. Elles dansent. Au fil des siècles, elles s'approchent, se superposent, s'éloignent, puis se séparent — et recommencent. Quatre phases nomment ce mouvement perpétuel :
- Convergence — les dimensions se rapprochent.
- Fusion — elles se superposent. L'instabilité est à son comble.
- Divergence — elles se distancient.
- Scission — elles se séparent. Un répit, fragile.
Chaque cycle reçoit son ordinal — Convergence III, Fusion II — pour que la mémoire des civilisations puisse se rattacher au tempo du monde.
L'Aurore interstitielle
Avant chaque convergence, le ciel se trouble d'un phénomène lumineux qu'aucune science ne suffit à expliquer : une aurore qui apparaît simultanément dans les deux dimensions, comme un voile suspendu entre elles. Les anciens y voyaient un présage ; les modernes y voient l'avertissement, désormais bien connu, qu'un nouveau cycle d'instabilité s'amorce.
Lois cosmogoniques
Le Co-univers se laisse résumer par quelques principes que les chroniqueur·ices ont fini par formuler à voix haute :
La magie et la science ne sont pas deux choses différentes : ce sont deux états d'une même énergie.
La surconsommation génère les catastrophes ; l'équilibre ne s'achète qu'au prix de la modération et de la coopération.
Chaque convergence bouleverse l'équilibre du monde. Ce qui avait été bâti vacille, ce qui avait été oublié refait surface. Et celles et ceux qui ont traversé un cycle savent que rien ne se gagne pour de bon.